Racing Judo Club Havrais

Entraîner ses mains pour le judo

 

imagesca1nnrtc.jpg

Le judo étant un sport de préhension, le rôle des mains est primordial. L'enjeu est de pouvoir les installer correctement et durablement sur le kimono adverse. Comment fonctionnent-elles ? Comment les entrainer ? Intéressons-nous à nos « connecteurs ».

Repères anatomiques
-La main est une partie du corps extrêmement complexe qui au niveau osseux regroupe les phalanges, les os de la main et ceux du poignet. Ces derniers sont au nombre de sept, et ils forment le carpe (« saisir » en latin) qui s'articule avec les deux os de l'avant bras, le radius et le cubitus (également appelé ulna) . Du fait de cette complexité les traumatismes de la main ou du poignet peuvent donner toutes sortes d'entorses, de fractures ou encore de luxations. Généralement le diagnostic est difficile, et le recours à une chirurgie spécialisée est souvent inévitable, entraînant une rééducation longue et difficile. - Au niveau musculaire, la main est constituée d'un appareil fléchisseur (profond et superficiel) et d'un appareil extenseur. Ces muscles étant mono- ou poly articulaires ils viennent s'insérer sur les os de l'avant bras, et/ou de l'humérus jusqu'à la main. Pour ce qui concerne l'activité du judoka cela signifie que le travail de saisie, sollicite non seulement les muscles de la main, mais également ceux de l'avant-bras et du bras.
-Au niveau articulaire, il existe de nombreux tendons et ligaments, souvent mis à mal par le judo. Pour protéger leurs articulations, les judokas ont recours au « strapping » qui permet de moins sollicité les ligaments endoloris.
- Contrairement aux idées reçues la partie la plus puissante de la main est la face interne. C'est celle qui correspond à l'annulaire et à l'auriculaire, et non pas au pouce et à l'index qui sont les doigts de la finesse.


Déformations liées au judo
Au même titre que les oreilles en « choux » les mains et les doigts sont des signes distinctifs chez les judokas. Déformés par la pratique intensive, on remarque parfois des « boules » se formant sur les phalanges, ou encore des doigts dit « en griffe ». Si la dimension esthétique n'est pas le principal souci des combattants, ces déformations peuvent constituer un terrain favorable à l'apparition d'arthrose.


Comment améliorer sa poigne
Sur le tatami, les randoris, les uchi-komi et les nage-komi, ou encore les exercices de bataille de kumi-kata vont renforcer votre force de préhension par l'activité elle-même. Il existe également un exercice simple et efficace qui consiste, en position bras tendus à l'horizontal, à alterner dans le vide des ouvertures / fermetures des mains très rapidement. Il permet de travailler l'endurance de force des muscles sollicités au cours de la saisie.

Dans le commerce on trouve des appareils spécifiquement conçus pour travailler la force de préhension :
- Le « powerball » permet de travailler en prise fermée et de s'évaluer. Intéressant et ludique.
- Les poignées de renforcement musculaire sont très efficaces pour travailler l'endurance de force avec une résistance supérieure à celle rencontrée lors du travail dans le vide. On peut regretter néanmoins que la résistance ne soit pas réglable.
- Le « dynamomètre à main », permet d'évaluer la force de préhension et ainsi de contrôler l'efficacité du travail réalisé.

On peut également mettre en place des ateliers spécifiques pour renforcer sa poigne lors des séances de préparation physiques :
-En remplaçant la barre qui se trouve au tirage par un kimono,
- en réalisant des tractions en s'accrochant à un kimono,
- en effectuant des pompes sur les doigts,
-en travaillant avec des élastiques qui possèdent des terminaisons en manches de kimono.


Conclusion
« Quand l'adversaire s'aperçoit qu'il ne parvient que très difficilement à te faire lâcher alors qu'il n'arrive pas à t'agripper, tu as fait un bon bout du chemin vers la victoire ». Cette déclaration de Gevrise Emane rend bien compte du rôle fondamental que je joue désormais le kumikata en compétition.

Néanmoins la qualité des mains ne doit pas se réduire à la seule force de préhension. En effet elles sont également un percepteur et un transmetteur d'informations : elles doivent être fines pour ressentir ce que prépare l'adversaire, agiles pour pouvoir faire le réagir et bien coordonnées pour pouvoir contrôler les projections jusqu'au moment de l'impact.

Vous avez maintenant tous nos conseils entre vos mains, faites en bonne usage !